Loi anti-gaspillage : quel bilan après cinq ans d’application ?

Sensibilisation pour le recyclage.
Après cinq ans, la loi anti-gaspillage a amorcé des transformations profondes vers une économie circulaire plus vertueuse. Si les résultats sont encourageants, des défis demeurent pour atteindre pleinement les objectifs fixés d’ici 2040. Crédit Photo Elf-Moondance@Pixabay

Adoptée en 2020, la loi anti-gaspillage transforme l’économie circulaire en réduisant les déchets. Info-tri, réparation, impact sur les consommateurs et les smartphones: cinq ans après, où en sommes-nous? Retour sur les avancées et les défis de cette transition écologique.

La loi anti-gaspillage : une révolution contre le plastique à usage unique

Depuis 2021, la loi anti-gaspillage a enclenché une transformation majeure dans notre consommation quotidienne en s’attaquant aux plastiques à usage unique. L’objectif ambitieux de “zéro emballage plastique à usage unique d’ici 2040” impose aux industriels et distributeurs de revoir leurs pratiques en faveur d’une économie circulaire. Depuis son entrée en vigueur, les pailles, cotons-tiges et gobelets en plastique disparaissent progressivement des rayons, tandis que de nouveaux modèles de réutilisation se développent. La mise en place des objectifs 3R (Réduction, Réutilisation et Recyclage) garantit une transition progressive mais efficace. À terme, cette politique vise à limiter la production de déchets, renforcer l’usage de matériaux durables et responsabiliser les acteurs économiques.

Un quotidien plus responsable pour les consommateurs

Avec la loi anti-gaspillage, les habitudes des consommateurs ont évolué pour tendre vers un mode de vie plus durable, s’inscrivant pleinement dans une démarche d’économie circulaire. Depuis 2022, le logo Info-tri est devenu obligatoire sur les produits pour aider les Français à mieux trier leurs emballages et appareils électroniques. Cette initiative s’inscrit dans une logique de réduction des déchets et d’amélioration du recyclage. Par ailleurs, depuis 2023, les tickets de caisse ne sont plus imprimés systématiquement, limitant ainsi un gaspillage de papier massif dans les commerces. Autre avancée: dans le secteur de la restauration rapide, la vaisselle réutilisable est désormais imposée pour tous les repas pris sur place, mettant fin à des millions de tonnes d’emballages jetables chaque année. Ces mesures sont des marqueurs forts du changement de modèle initié par la loi anti-gaspillage, un pas de plus vers une économie circulaire plus responsable.

La réparation des smartphones et électroménagers encouragée : fini l’obsolescence programmée

La loi anti-gaspillage a également introduit des dispositifs majeurs pour prolonger la durée de vie des produits électroniques et électriques. Depuis 2021, un indice de réparabilité (note sur 10) est affiché sur des équipements comme les smartphones, ordinateurs portables ou lave-vaisselle. Ce score permet aux consommateurs de choisir des appareils plus facilement réparables et encourage les fabricants à concevoir des produits plus durables. En 2025, cet indice évoluera vers un indice de durabilité, déjà en place pour les téléviseurs et lave-linge. Autre mesure phare : le bonus réparation, lancé en 2022, qui incite les Français à faire réparer leurs objets cassés plutôt que d’en acheter de nouveaux. En réduisant la surconsommation et le gaspillage, la loi anti-gaspillage participe activement à la transition vers une économie circulaire plus responsable.

La réduction des déchets non alimentaires, un enjeu majeur

L’un des axes forts de la loi anti-gaspillage concerne la gestion des invendus non alimentaires. Depuis 2022, les entreprises ont l’interdiction de détruire leurs stocks non écoulés, qu’il s’agisse de vêtements, d’appareils électroniques, de jouets ou de produits d’hygiène. Auparavant, ces articles représentaient plusieurs milliards d’euros de pertes et finissaient incinérés ou enfouis. Désormais, ils doivent obligatoirement être donnés, réemployés ou recyclés. Cette obligation a permis de renforcer les dons aux associations et de favoriser le développement du marché du reconditionné, notamment pour les smartphones et appareils high-tech. En parallèle, depuis 2021, les collectivités publiques sont tenues d’acheter du matériel reconditionné ou intégrant des matières recyclées pour leurs équipements. Grâce à ces mesures, la loi anti-gaspillage lutte contre la surproduction et encourage une consommation plus éthique et responsable.

Vers une économie circulaire: le principe du pollueur-payeur élargi à de nouveaux secteurs

La loi anti-gaspillage a renforcé le principe du pollueur-payeur, qui impose aux fabricants et distributeurs de financer la gestion des déchets issus de leurs produits. Depuis 2021, cette obligation s’étend à de nouveaux secteurs, tels que l’industrie du tabac, les jouets, les articles de sport et de bricolage, ainsi que le bâtiment. Cette initiative vise à responsabiliser les entreprises en les incitant à concevoir des produits plus durables et à améliorer les filières de collecte et de recyclage. En contraignant les acteurs économiques à intégrer ces coûts dès la conception, la loi anti-gaspillage encourage l’innovation dans les matériaux et les modèles de production. Cette réglementation pousse également les consommateurs à opter pour des produits plus respectueux de l’environnement, favorisant ainsi la transition vers une économie circulaire.

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